Projet Gedunem : Les bonnes combinaisons pour mettre à mal les nématodes à galles

Gérer de manière durable les problèmes de nématodes à galles en cultures maraîchères en préservant les résistances variétales sur le long terme : tel est l’objectif du projet Gedunem. Il évalue des stratégies de gestion fondées sur la combinaison de résistances génétiques et de pratiques culturales diversifiées, afin de proposer aux maraîchers des systèmes culturaux pluriannuels compatibles avec leurs contraintes de terrain. Chercheurs, expérimentateurs, producteurs et structures de développement se mobilisent.

Maladies de la tomate. Symptômes de galles racinaires provoquées par Meloïdogyne spp. (champignon phytopathogène).. © Inra, BLANCARD Dominique
Mis à jour le 28/07/2015
Publié le 27/07/2015

Une enquête conduite de 2007 à 2010 avec 30 partenaires rassemblant l’ensemble des acteurs concernés a montré que les nématodes à galles constituent chez les maraîchers méditerranéens la problématique principale : plus de 40 % des exploitations sont touchées et les rares produits chimiques qui restent autorisés manquent d’efficacité. « De nombreuses solutions de lutte sont testées : solarisation, gestion de l’interculture avec des engrais verts « nématicides », rotation avec des plantes non-hôtes. Mais aucune d’entre-elles, prise individuellement, ne s’avère satisfaisante », souligne Caroline Djian-Caporalino, responsable scientifique du projet Gedunem - Innovations techniques et variétales pour une gestion durable des nématodes à galles.
Combiner les techniques alternatives
Le projet Gedunem a pour objectif de trouver des systèmes maraîchers sous abris combinant des variétés résistantes et plusieurs techniques alternatives afin d’augmenter l’efficacité du contrôle du parasite, tout en préservant sur le long terme les rares gènes de résistance disponibles. Démarré en 2012 et d’une durée de quatre ans, il regroupe des expérimentations sur quatre sites en France et un au Maroc. Un travail de modélisation est conduit en parallèle pour étudier sur le long terme les systèmes proposés. Il permet entre autres de constater que les stratégies les plus efficaces pour freiner le développement de nématodes virulents sont toujours celles qui alternent plantes résistantes et sensibles.
En concertation étroite avec les maraîchers
« Ce travail est effectué avec la profession agricole, reprend Caroline Djian-Caporalino. Rendre compatibles les systèmes de cultures avec les contraintes des agriculteurs est en effet indispensable. Ces systèmes doivent être acceptables en termes de rendement, d’organisation du travail, de coût, de risque… » Raison pour laquelle, à côté des nématologistes, généticiens, écologistes des sols, pathologistes et expérimentateurs, des agronomes enquêtent auprès des maraîchers pour relever les freins à l’acceptabilité des systèmes pluriannuels proposés. Ces freins sont ensuite analysés, pour être levés. « Par exemple, nous cherchons à réduire le temps de l’interculture, jugé trop long par certains producteurs, explique la responsable du projet. Nous tentons également de trouver une solution pour éviter les productions d’été annuelles systématiques sur une même parcelle qui ne permettent pas d’utiliser la technique de solarisation. Nous devons travailler non plus à la parcelle, mais regarder l’ensemble de l’exploitation pour gérer, sur plusieurs années, un système durable. »

Maladies de la tomate. Symptômes de galles racinaires provoquées par Meloïdogyne spp. (champignon phytopathogène).. © Inra, BLANCARD Dominique

En savoir plus

Responsables : C. Djian-Caporalino (caroline.caporalino@sophia.inra.fr), P. Castagnone-Sereno (pca@sophia.inra.fr), M. Navarrete (mireille.navarrete@avignon.inra.fr).
Participants : A. Fazari, N. Marteu, A. Dufils, M. Tchamitchian, C. Furnion, A. Lefèvre, L. Pares, T. Mateille, J. Tavoillot, A. Palloix, A-M. Sage-Palloix.
Partenaires : Grab (Groupe de recherche en agriculture biologique), Aprel (Association provençale de recherche et d’expérimentation légumière), Chambre d’Agriculture du Var.
projet présenté au séminaire SMaCH – PRESUME, à Paris, le 12 novembre 2014