Projet Panoramix : Des systèmes viticoles durables avec des cépages résistants

Le projet Panoramix vise à concevoir et valoriser des systèmes viticoles durables combinant variétés résistantes aux maladies et méthodes de protection complémentaires. L’arrivée de cépages de vigne résistants à l’oïdium et au mildiou devrait modifier en profondeur l’ensemble des pratiques. Encore faut-il analyser l’appropriation sociale, technique et économique de ces résistances variétales dans les systèmes viticoles.

Service d'Expérimentation Agronomique et Viticole au centre Inra de Colmar. Vendanges.. © Inra, MAITRE Christophe
Mis à jour le 28/07/2015
Publié le 27/07/2015

La réduction de l’utilisation de pesticides en viticulture constitue un enjeu important : la vigne, qui occupe 3,8 % de la surface agricole utile nationale, consomme 20 % des pesticides. « L’explication de ce niveau élevé d’utilisation de pesticides est simple : les maladies auxquelles doivent faire face les cépages actuellement cultivés en Europe ont été introduites d’Amérique du Nord au 19e siècle et la vigne n’a pas spontanément les capacités à se défendre », explique François Delmotte, co-responsable scientifique avec François Hochereau du projet Panoramix - Conception et valorisation de systèmes viticoles durables combinant variétés résistantes aux maladies et méthodes de protection complémentaires.
Des variétés résistantes pour 2016
La solution unique pour réduire le recours aux pesticides dans les systèmes viticoles n’existe pas. Néanmoins, parmi les innovations possibles, celle visant à introduire la résistance variétale est certainement l’une des plus prometteuses. « Mais ces variétés doivent également présenter des caractéristiques agronomiques et œnologiques en adéquation avec les exigences de qualité de la filière, poursuit François Delmotte. Les généticiens de l’Inra y travaillent. Des variétés résistantes à l’oïdium et au mildiou seront inscrites au catalogue en 2016. Un des enjeux majeurs pour le déploiement de ces nouveaux cépages est d’assurer la durabilité des résistances. » Pour éviter l’arrivée rapide de contournement des résistances, l’Inra a décidé, en accord avec l’Institut français de la vigne et du vin, de ne mettre en marché que des variétés à résistance plurigénique. Parallèlement, biologistes moléculaires et pathologistes cherchent à comprendre comment les pathogènes s’adaptent aux variétés résistantes pour proposer les meilleures stratégies de déploiement de ces variétés. Ils ont ainsi montré que les résistances partielles conduisent à une augmentation de l’agressivité des pathogènes. De leur côté, les agronomes acquièrent des connaissances sur l’itinéraire cultural à privilégier pour préserver la durabilité de ce système.

Travailler l’adoption par les viticulteurs
L’un des enjeux du projet Panoramix est de faire adopter ces variétés résistantes par les viticulteurs. Les sociologues travaillent aux mesures d’accompagnement nécessaires et à la valorisation de ces cépages qui demandent moins de pesticides, mais qui ne portent pas le même nom que ceux actuellement cultivés. En 2015, de nombreux partenaires seront impliqués dans cette étude sociologique et des ateliers participatifs seront organisés avec des viticulteurs.

Service d'Expérimentation Agronomique et Viticole au centre Inra de Colmar. Vendanges.. © Inra, MAITRE Christophe

En savoir plus

Responsables : François Delmotte (delmotte@bordeaux.inra.fr), François Hochereau. (francois.hochereau@grignon.inra.fr).
Participants : A. Alonso Ugaglia, J.M. Barbier, A. Calonnec, C. Compagnone, B. Delhomme, L. Delière, C. Delmas, V. Dumas, F. Fabre, D. Merdinoglu, P. Mestre, P. Sauris, C. Schneider, J.M. Touzard, S. Wiedemann-Merdinoglu.
Partenaires : interprofession, groupes de viticulteurs.
Projet présenté au séminaire SMaCH – PRESUME, à Paris, le 12 novembre 2014