Estimer les risques d’invasion d’arthropodes

Les invasions biologiques sont aujourd’hui considérées comme la deuxième cause d'extinction d'espèces et d'appauvrissement de la diversité biologique après la destruction des habitats naturels. Parmi les organismes envahissants, les arthropodes ravageurs occasionnent d’énormes pertes financières et menacent la santé des forêts, l’agriculture et la santé animale ou humaine.
Afin d’améliorer l’estimation des risques d’invasion de ces animaux, le métaprogramme SMaCH (Sustainable Management of Crop Health) finance la thèse de Martin Godefroid intitulée  « Estimation du risque d’invasion d’arthropodes de quarantaine : rôle du climat, de l’histoire évolutive et des traits d’histoire de vie ». Ces recherches sont encadrées par Jean-Pierre Rossi et Jean-Yves Rasplus et sont réalisées au Centre de Biologie pour la Gestion des Populations à l'INRA de Montpellier.

Aire de distribution actuelle du scolyte Tomicus piniperda en Europe déterminée par modélisation de l'enveloppe climatique de cette espèce.. © INRA, Jean-Pierre ROSSI
Mis à jour le 17/04/2013
Publié le 12/04/2013

Avec l’intensité croissante des flux commerciaux à l’échelle mondiale, le nombre d’introduction d’espèces exotiques augmentera dans les décennies à venir et la gestion la plus efficace de ce problème repose d’abord sur l’anticipation de l’introduction d’espèces présentant un risque de devenir envahissantes. La lutte contre les espèces envahissantes doit donc privilégier le développement d’outils permettant l’analyse des risques (prédiction) et l’identification efficace des espèces (détection). Actuellement, la réglementation Européenne impose des mesures drastiques en cas de détection d’un organisme figurant sur la liste des espèces de quarantaine. Ces mesures ont un coût important et sont appliquées à toutes les espèces malgré l’incertitude associée aux outils prédictifs.

Les recherches menées au Centre de Biologie pour la Gestion des Populations (CBGP) ont pour objectif d’améliorer l’estimation des risques d’invasion en prenant en compte l’histoire évolutive des espèces et en intégrant des données phylogéographiques dans les modèles d’enveloppe climatique. Martin Godefroid qui réalise sa thèse au CBGP étudie en particulier le développement de nouveaux outils et l’amélioration d’outils déjà existants afin d’améliorer la capacité à prédire les risques d’invasion par les espèces d’arthropodes figurant sur la liste de quarantaine.

Les objectifs principaux de ce travail sont :

  • de hiérarchiser les espèces d’arthropodes en fonction du risque qu’elles puissent s’établir en Europe,
  • de tester la présence d’associations statistiques entre certaines propriétés biologiques et l’estimation du risque pour éventuellement identifier des traits d’histoire ayant valeur d’indicateur,
  • de déterminer si les espèces à forte potentialité invasive sont agrégées phylogénétiquement.

Martin Godefroid est ingénieur agronome spécialisé dans la protection des cultures. Il a étudié différents arthropodes ravageurs des forêts dans un laboratoire d’entomologie belge et a également, durant deux années, étudié les nématodes phytoparasites ravageurs des cultures dans les  Antilles françaises.  Sa thèse bénéficiera également d’une lisibilité internationale grâce à sa participation à l’ « Ecole Internationale de Recherche d’Agreenium » (EIR-A).

Contact :
Jean-Yves RASPLUS
UMR1062 CBGP Centre de Biologie pour la Gestion des Populations, centre de recherche INRA de Montpellier
rasplus@supagro.inra.fr
Jean-Pierre ROSSI
UMR1062 CBGP Centre de Biologie pour la Gestion des Populations, centre de recherche INRA de Montpellier
Jean-Pierre.Rossi@supagro.inra.fr

A propos de

EIR-A : un parcours doctoral d'excellence

L'Ecole Internationale de Recherche d'Agreenium propose un parcours doctoral d’excellence validé par le label Agreenium. Ce parcours vient en complément de la formation doctorale dispensée par l'établissement d'inscription du doctorant. L'EIR-A a pour ambition d'améliorer l'employabilité des doctorants par une ouverture à l'international et une sensibilisation aux grands enjeux de société.