Projet ACE : la réduction de l’usage des pesticides est-elle un effet des politiques publiques ?

Pour évaluer l’impact des politiques publiques sur la régulation des pesticides, des chercheurs de l’UMR CESAER et de l’UMR Agroécologie se sont associés afin de conduire une analyse pluridisciplinaire dans la plaine du Val de Sèvre. Etablir des indicateurs de réduction des pesticides, comprendre les déterminants de l’adoption des pratiques économes et étudier l’efficacité des pratiques, tels sont les grands objectifs du projet. Nous avons rencontré Lionel Védrine, le responsable du projet.

Bande fleurie de bleuets dans un champ d’orge. Thiverval-Grignon (78).
Projet Gargamel – Gestion agroécologique des ravageurs de grandes cultures à l’aide de mélanges floraux. Coordination : A. Gardarin, UMR Agronomie (Inra, AgroParisTech).. © Inra, Paola Salazar

La réduction de l’usage des pesticides constitue un enjeu de taille pour la France. En quoi le projet ACE y contribue-t-il ?
L’utilisation de pesticides occasionne des dommages sur la biodiversité, la qualité des eaux et sur l’environnement en général. Le projet ACE se positionne dans le cadre du plan EcoPhyto qui vise la réduction des pesticides. Nous souhaitons évaluer l’impact des dispositifs publics de type Mesures Agro-Environnementales et Climatiques (MAEC) sur les pratiques des agriculteurs. L’articulation d’une double approche en agroécologie et en économie nous permettra d’analyser les synergies entre les objectifs environnementaux des mesures publiques et ceux des agriculteurs. La finalité étant de créer de nouveaux indicateurs de réduction des pesticides ainsi que de comprendre les déterminants des choix des pratiques des agriculteurs en matière de gestion phytosanitaire.
Présentez-nous votre zone d’étude.
Notre zone atelier est la plaine du Val de Sèvre. Elle compte 500 parcelles réparties dans 450 exploitations céréalières. La présence des chercheurs et notamment des écologues sur la zone est très importante depuis plusieurs années. Elle a donc fait l’objet de nombreuses études, ce qui nous permet de disposer aujourd’hui d’une base de données déjà pourvue à exploiter.
Concrètement, quelles sont les étapes du projet ?
Dans un premier temps, nous questionnerons le lien entre les doses de pesticides utilisées et les relevés de biodiversité pour en mesurer l’impact. Nous savons déjà qu’il n’existe pas de relation significative entre la dose de produit phytosanitaire et le rendement de la culture ainsi qu’avec la quantité d’adventices présente au champ. En revanche, il semble exister un lien entre la dose appliquée et la diversité des espèces présentes. Nous souhaitons aller plus loin en créant de nouveaux indicateurs permettant de caractériser la réduction des pesticides. L’objectif est de livrer un package R pour aider les utilisateurs à calculer la valeur de ces indicateurs. Nous tenterons de décrire les systèmes économes en pesticides et nous étudierons l’impact de la mise en place de ces pratiques économes sur la rentabilité des exploitations agricoles. Un travail d’enquêtes auprès des agriculteurs ciblés nous permettra d’identifier les déterminants de la mise en place de pratiques économes en pesticides. Une attention particulière sera portée à l’étude de la proximité entre l’exploitant et les institutions porteuses de politiques de réduction de l’utilisation des pesticides.

En savoir plus

> Contacts scientifiques :
Responsable : Lionel Vedrine lionel.vedrine@inra.fr
Participants: S.Gaba,V.Bellassen, S.Blancard, J.Le Gallo, S.Legras, E.Martin, H.V.Pham.
Partenaires : V. Bretagnolle, Centre d’études biologiques de Chizé.
Projet accepté à l'AAP SMACH 2016