Projet AlterNATIVES : comprendre le cadre de l’innovation sur le biocontrôle pour accompagner les acteurs dans l’innovation ou le changement

Le biocontrôle regroupe un ensemble de méthodes de protection des végétaux qui favorise des mécanismes de régulation naturelle. Véritables voies de modernisation écologiques de l’agriculture, les stratégies de biocontrôle émergent aux quatre coins du monde. Etudier ces modèles émergeant pour définir le contexte dans lequel ils apparaissent en France, telle est la visée du projet AlterNATIVES.

Démonstration d'une parcelle INRA de Dioscorea alata, conduite à plat, auprès d'organisations professionnelles.. © Inra, HOSTACHE Gérard
Publié le 12/05/2016

Valérie Angeon, vous êtes co-responsable du projet AlterNATIVES. En quoi est-ce un projet d’avenir ?
Le projet AlterNATIVES s’inscrit dans le mouvement de la transition agro-écologique. Il s’intéresse au cadre de l’innovation liée à l’émergence des pratiques et des stratégies de biocontrôle. Ce mode de gestion de la protection des cultures privilégie les mécanismes naturels d’équilibre des bio-agresseurs à celle de leur éradication. Sa mise en œuvre constitue aujourd’hui une priorité du ministère de l’Agriculture.
Quels objectifs porte le projet ?
Le projet AlterNATIVES a pour vocation d’identifier les innovations mises en œuvre par les acteurs du biocontrôle, d’en saisir la singularité et d’en identifier les dynamiques. L’objectif principal est d’étudier les contextes dans lesquels le biocontrôle émerge pour dégager des règles pour l’accompagnement des acteurs dans les processus d’innovation et de fournir, en France, des éléments aux décideurs publiques pour son développement et sa gestion. Pour cela, nous prévoyons d’identifier et de caractériser les systèmes d’acteurs qui produisent et pilotent les solutions de biocontrôle. Il s’agira d’analyser les verrous et les leviers au développement du biocontrôle et de comprendre la conception et l’adoption d’innovations. AlterNATIVES questionne la place et le rôle de ces dernières ainsi que leur capacité à concurrencer les technologies dominantes et les régimes qui les soutiennent.
Quels sont vos axes de travail ?
Le projet repose sur plusieurs axes de recherche dont le premier consiste à effectuer un état des lieux sur 5 terrains d’études en milieu tropical (Cuba, Martinique, Guadeloupe, Guyane française, Belém au Brésil). Ce travail de repérage des acteurs est essentiel pour comprendre l’écosystème d’affaires qui permet l’émergence d’innovations dans le champ du biocontrôle. Ensuite, nous prévoyons d’élaborer une revue de littérature et des entretiens d’acteurs pour analyser les processus écologiques et les pratiques à l’œuvre. Enfin, une partie importante du projet concerne le partage des savoirs issus de cette étude. Nous avons démarré en novembre 2016 un travail d’enquête exploratoire à Cuba. L’île est un territoire propice au démarrage du projet car elle dispose de nombreuses unités régionales de production et de reproduction de macro et de micro-organismes auxiliaires. De plus, nous disposons de partenariats locaux avec d’autres chercheurs de l’INRA, le CIRAD, l’institut des sols et le ministère de l’Agriculture, nous facilitant l’accès aux acteurs pour mener à bien notre travail de terrain. Les agriculteurs représentent des acteurs centraux pour notre démarche.

En savoir plus

> Contact(s) scientifique(s) :
Responsable : V. Angeon (valerie.angeon@inra.fr).
Co-responsable : E. Chia (eduardo.chia@supagro.inra.fr)
Participants : M. Chave, M. Naves, J.J. Drevon, J.C. Roggy, N. Ris, P. Nicot, D. Denon
Partenaires : CNRS-CRPLC Université des Antilles, CIRAD-UMR Innovation, Chambres d’agriculture Martinique, Guadeloupe, Guyane, FREDON Martinique, Cirad-Art-Dev, Instituto Nacional de Ciencias Agricolas, Institut des Sols et INISAV, Université de Oriente Santiago de Cuba et Minagri, CIRAD-Embrapa Amazonia Oriental, Université Fédérale du Para, Centro Universitario do Estado do Para.

Projet accepté à l'AAP SMACH 2016.