Quels sont les déterminants des pratiques de lutte phytosanitaire ?

Comprendre ce qui détermine les choix des agriculteurs pour la protection phytosanitaire de leurs cultures, telle est la raison d’être du projet ProTeGes. Ce dernier a pour vocation de recueillir un maximum de données issues de comptabilités agricoles croisées à des enquêtes de terrain pour caractériser les modèles de choix de production des agriculteurs du point de vue de la protection phytosanitaire. Alain Carpentier, directeur de recherche, est responsable du projet.

Champ de céréales à maturité. Haie créée en plaine ouverte, sur un plateau où l’open-field était la règle. . © Inra, CAUVIN Brigitte
Publié le 12/05/2016

Alain Carpentier, dans quel contexte s’inscrit le ProTeGes ?
La raison d’être du projet ProteGes est basée sur l’importance de disposer de données descriptives fiables et suffisamment nombreuses pour élaborer nos modèles de recherche. Dons notre cas, il s’agit de caractériser les pratiques des agriculteurs principalement du point de vue de la protection phytosanitaire et d’en comprendre les déterminants. Nous avons récemment mis en place un partenariat avec deux centres de gestion de la Marne, qui mettent à notre disposition un large panel de comptabilités d’exploitations agricoles. Cela nous permet de disposer d’une richesse de données issue de grands échantillons d’exploitations agricoles pour élaborer une description réaliste des pratiques et en identifier les déterminants.

Concrètement, comment allez-vous procéder ?
Nous couplons l’analyse des comptabilités des exploitations à l’analyse de données d’une enquête qualitative et quantitative. Cette enquête repose sur un questionnaire élaboré par une équipe pluridisciplinaire. Le questionnaire regroupe 5 thèmes dont les deux premiers permettent de décrire les pratiques de production avec un focus particulier sur la protection des cultures et sur les pratiques de gestion. Les 3 autres thèmes questionnent les déterminants économiques, agronomiques, psychologiques et sociologiques des pratiques. Nous enquêtons un panel d’environ 350 producteurs de grandes cultures de la Marne.

Quels sont les enjeux du projet ?
Le secteur des grandes cultures de la Marne constitue un pilier économique majeur de la région Champagne-Ardennes. De nombreuses productions approvisionnent le secteur de l’agro-industrie et des biocarburants, qui représentent un volume d’activité conséquent. Les producteurs doivent aujourd’hui s’adapter à un contexte changeant. La volatilité des prix, l’accroissement des exigences environnementales et l’abandon des quotas de production de betteraves sucrières les poussent à revoir leurs pratiques. Il s’agit pour nous de comprendre ce qui motive aujourd’hui leurs choix. Parallèlement, le contexte pédoclimatique de cette zone de Champagne crayeuse représente un terrain d’étude propice car il favorise les pratiques intensives et la diversification des assolements et des successions culturales.

En quoi le projet est-il original ?
L’originalité du projet ProteGes repose sur son approche pluridisciplinaire. Il regroupe des experts issus d’unités de recherche spécialisées en agronomie, en sciences humaines et sociales, en sciences de gestion et en microéconomie. Le but est ici d’apporter des éclairages selon plusieurs points de vue et de coconstruire une réponse à la question de recherche en rendant perméable l’analyse des experts.

En savoir plus

Contacts :
- Responsables : A. Carpentier (alain.carpentier@rennes.inra.fr), F. Coleno (francois.coleno@grignon.inra.fr)
- Participants : F. Féménia, A. Gohin, E. Letort, C. Nauges, A. Barbotin, C. Pasquier, G. Laferté, G. Anzalone,
- Partenaires : FDSEA Conseil, CDER, Jean de Bohan, Vivescia, Cristal Union.
Projet accepté à l'AAP SMACH 2016