Produire des connaissances facilement appropriables

Le développement de systèmes agricoles plus économes en pesticides exige l’acquisition de nouvelles connaissances. Comment les chercheurs peuvent-ils travailler avec les acteurs du monde agricole pour produire des données facilement appropriables par les producteurs ? Une question à laquelle le projet Rédopic s’est attaché à répondre.

Mosaïque de variétés de salades cultivées sous serre en agriculture biologique (Drôme).. © Inra, MEURET Michel
Mis à jour le 08/02/2017
Publié le 06/10/2016

Le travail de l’Inra avec des partenaires tels que les instituts techniques, les structures d’agrofournitures et de mise en marché, les lycées agricoles, les producteurs… ne date pas d’hier et ne cesse d’augmenter. Les projets de recherche communs se développent entre autres dans les unités expérimentales autour de la conception de systèmes de culture innovants réduisant l’usage de pesticides. Comment optimiser les partenariats, les co-constructions de ces systèmes de culture, pour acquérir des données facilement appropriables par les producteurs, utiles au déploiement des changements de pratiques ? Tel est l’objet du projet RéDoPIC – Analyse REflexive sur le rôle de DOmaines expérimentaux dans la conception de systèmes de culture innovants et la transition vers la Protection Intégrée des Cultures. Un projet qui a réuni agronomes et sociologues.

Des systèmes de culture plus complexes
« Les systèmes de culture actuellement recherchés sont plus complexes qu’avant, souligne Amélie Lefèvre, co-responsable du projet avec Aurélie Cardona. Ils reposent sur des mécanismes écologiques comme les régulations naturelles. Ils combinent des leviers très divers. Leur conception-évaluation exige davantage de temps. Les savoirs produits sont de nature différente, ce qui nécessite de renouveler les modes de production et d’appropriation des connaissances. »
La co-conception des expérimentations réunissant chercheurs et acteurs du monde agricole gagne également en complexité. Quelle organisation mettre en place ? Quelles compétences mobiliser ? Comment partager et faire circuler les connaissances et expériences ? Qui doit prendre les décisions ?    
« La construction d’une méthodologie pour ces co-conceptions s’imposait, précise Aurélie Cardona. Le projet RéDoPIC vise à produire des connaissances utiles aux dispositifs expérimentaux, publics ou privés, travaillant à la réduction des intrants de synthèse. Mais face à la diversité des besoins, il ne fournit pas de méthode clé en main. Il propose des éléments destinés à nourrir les réflexions et à assurer le partage des acquis. »

S’approcher des situations réelles
Les interactions avec les partenaires ne se limitent pas au transfert de connaissances. Les acteurs scientifiques doivent intégrer les objectifs, les contraintes et les ressources des professionnels agricoles pour s’approcher au mieux des situations réelles et de leur diversité. « Par cette démarche en partenariat formalisée, nos connaissances sont de plus en plus combinées avec celles de multiples acteurs, précise Amélie Lefèvre. Nous traquons notamment les innovations dans les exploitations agricoles. »

En savoir plus

Contact(s) :
- Responsables : A. Lefèvre (amelie.lefevre@inra.fr), A. Cardona (aurelie.cardona@inra.fr).
- Participants : C. Auricoste, A. Dufils, B. Jeannequin, J.-M. Meynard, C. Salembier (SAD) ; V. Mercier, S. Simon (SPE).
Projet présenté au séminaire SMaCH – « Gestion durable de la santé des cultures », 6 & 7/10/2016